Mathématiques · Sciences Mathématiques A

الامتحان الوطني الموحد للبكالوريا 2026 – الرياضيات – شعبة العلوم الرياضية (أ) و (ب) – الدورة الاستدراكية

Sujet complet et corrigé détaillé de l’examen national de mathématiques 2026, session de rattrapage, 2ème Bac Sciences Mathématiques A et B (option française) : analyse, nombres complexes, arithmétique et probabilités, structures algébriques.

Examen national 2026 Session de rattrapage 4 heures
Matière
Mathématiques
Niveau
2ème Bac
Filière
Sciences Mathématiques A
Session
Annuel

Énoncé

الامتحان الوطني الموحد للبكالوريا

الدورة الاستدراكية 2026 – المسالك الدولية (خيار فرنسية)

مادة الرياضيات – شعبة العلوم الرياضية (أ) و (ب)

مدة الإنجاز : 4 ساعات المعامل : 9

Examen national du baccalauréat – Session de rattrapage 2026 – Mathématiques – Sciences Mathématiques A et B (option française)

  • La durée de l’épreuve est de 4 heures.
  • L’épreuve comporte cinq exercices indépendants, qui peuvent être traités dans l’ordre choisi par le candidat.
  • L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.

Exercice 1 : Analyse 7,5 points

Partie I

On considère la fonction \(g\) définie sur l’intervalle \(]0, +\infty[\) par : \(g(t) = \ln(t) - (t - 1)\).

Soit \(x \in\, ]0, +\infty[ - \{1\}\). On considère la fonction \(h\) de la variable réelle \(t\) définie sur l’intervalle \(]0, +\infty[\) par :

\[h(t) = \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}}(t - 1)^{2} - g(t)\]

1- Montrer que la fonction \(h\) est dérivable sur \(]0, +\infty[\) et que, pour tout \(t \in\, ]0, +\infty[\) : 0,5 pt

\[h'(t) = \left(\dfrac{2g(x)}{(x - 1)^{2}} + \dfrac{1}{t}\right)(t - 1)\]

2- En appliquant le théorème de Rolle à la fonction \(h\), montrer qu’il existe un réel \(\theta\) compris entre \(x\) et \(1\) tel que : 0,5 pt

\[\dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} = \dfrac{-1}{2\theta}\]

3- Montrer que : 0,5 pt

\[\begin{aligned} &\dfrac{x + 1 - |x - 1|}{2} < \theta \\ &\quad < \dfrac{x + 1 + |x - 1|}{2} \end{aligned}\]

4- En déduire que : 0,25 pt

\[\begin{aligned} &\dfrac{-1}{x + 1 - |x - 1|} < \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} \\ &\quad < \dfrac{-1}{|x - 1| + x + 1} \end{aligned}\]

Partie II

Soit \(f\) la fonction numérique définie sur l’intervalle \(]0, +\infty[\) par \(f(1) = 1\) et, pour tout \(x \in\, ]0, 1[\, \cup\, ]1, +\infty[\) :

\[f(x) = \left(\dfrac{\ln(x)}{x - 1}\right)^{2}\]

Soit \((C)\) la courbe représentative de la fonction \(f\) dans un repère orthonormé \((O ; \vec{i}, \vec{j})\).

1- a) Calculer \(\displaystyle\lim_{\substack{x \to 0 \\ x > 0}} f(x)\) et \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x)\), puis interpréter graphiquement les résultats obtenus. 1 pt

1- b) Montrer que \(f\) est continue au point \(1\). 0,25 pt

2- a) Montrer que, pour tout \(x \in\, ]0, 1[\, \cup\, ]1, +\infty[\) : 0,25 pt

\[\begin{aligned} &\dfrac{f(x) - 1}{x - 1} \\ &= \left(1 + \dfrac{\ln(x)}{x - 1}\right)\left(\dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}}\right) \end{aligned}\]

2- b) En déduire que la fonction \(f\) est dérivable en \(1\). 0,25 pt

2- c) Déterminer l’équation de la tangente \((T)\) à la courbe \((C)\) au point d’abscisse \(1\). 0,25 pt

3- a) Montrer que la fonction \(f\) est dérivable sur l’intervalle \(]0, +\infty[\), et que, pour tout \(x \in\, ]0, +\infty[ - \{1\}\) : 0,75 pt

\[f'(x) = \dfrac{2\ln(x)}{x - 1} \cdot \dfrac{g\left(\frac{1}{x}\right)}{(x - 1)^{2}}\]

3- b) Montrer que : \(\forall x \in\, ]0, 1[\, \cup\, ]1, +\infty[,\ \dfrac{\ln(x)}{x - 1} > 0\). 0,25 pt

3- c) Montrer que la fonction \(g\) est négative sur l’intervalle \(]0, +\infty[\), puis en déduire le sens de variation de \(f\) sur l’intervalle \(]0, +\infty[\). 0,5 pt

4- Montrer que le réel \(1\) est la seule solution de l’équation \(f(x) = x\) sur l’intervalle \(]0, +\infty[\). 0,25 pt

5- Représenter la tangente \((T)\) et la courbe \((C)\) dans le repère \((O ; \vec{i}, \vec{j})\). 0,75 pt

6- a) Soit \(n \in \mathbb{N}^{*}\). Montrer que l’équation \(f(x) = n\) admet une solution unique \(x_{n}\) sur l’intervalle \(]0, 1]\). 0,25 pt

6- b) Montrer que : \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} x_{n} = 0\). 0,5 pt

6- c) Vérifier que : \(\forall n \in \mathbb{N}^{*},\ \sqrt{n} = \dfrac{\ln(x_{n})}{x_{n} - 1}\), puis en déduire \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} x_{n}\sqrt{n}\). 0,5 pt

Exercice 2 : Analyse 2,5 points

Soit \(\varphi\) une fonction dérivable sur l’intervalle \([0, 1]\) telle que sa dérivée \(\varphi'\) est continue sur cet intervalle.

1- Montrer que pour tout entier naturel non nul \(n\), on a : 0,5 pt

\[\begin{aligned} &\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx = \dfrac{\varphi(1)}{n + 1} \\ &\quad + \int_{0}^{1} x^{n}\big(\varphi(x) - \varphi(1)\big)\,dx \end{aligned}\]

2- Montrer que : \(\exists M \in \mathbb{R}^{+},\ \forall x \in [0, 1],\ |\varphi'(x)| \leq M\). 0,5 pt

3- Montrer que : \(\forall x \in [0, 1],\ |\varphi(x) - \varphi(1)| \leq M(1 - x)\). 0,5 pt

4- En déduire que : 0,5 pt

\[\lim_{n \to +\infty} n\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx = \varphi(1)\]

5- On considère les deux suites \((u_{n})\) et \((v_{n})\) définies respectivement, pour tout entier naturel \(n\), par :

\[u_{n} = \int_{0}^{1} \dfrac{n t^{n}}{1 + 2t}\,dt\] \[v_{n} = 2^{n+1}\,n\int_{0}^{\frac{1}{2}} x^{n}\,\mathrm{Arctan}(2x)\,dx\]

En utilisant le résultat de la question 4, calculer \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_{n}\) et \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} v_{n}\). 0,5 pt

Exercice 3 : Nombres complexes 3,5 points

Soit \(m \in \mathbb{C}^{*} - \{1, -i\}\).

Partie I

On considère dans l’ensemble \(\mathbb{C}\) des nombres complexes l’équation \((E_{m})\) suivante, d’inconnue \(z\) :

\[\begin{aligned} &z^{3} - \big(1 + (1 + i)m\big)z^{2} \\ &+ \big((1 + i)m + i m^{2}\big)z \\ &- i m^{2} = 0 \end{aligned}\]

1- Montrer que les nombres complexes \(1\) et \(m\) sont des solutions de l’équation \((E_{m})\). 0,25 pt

2- En déduire l’ensemble de solutions de l’équation \((E_{m})\). 0,25 pt

Partie II

On suppose que : \(m \in \mathbb{C} - \{-i, i, -1, 1\}\) et \(|m| = 1\).

A.

1- Montrer que (remarquer que \(m\,\overline{m} = 1\)) : 0,5 pt

\[\overline{\left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right)} - \left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right) = 0\] \[\left(\dfrac{\overline{m} + 1}{\overline{m} - 1}\right) + \left(\dfrac{m + 1}{m - 1}\right) = 0\]

2- Montrer que : \((1 + i)\left(\dfrac{m - 1}{m + i}\right)\) est un imaginaire pur. 0,25 pt

B. Dans le plan complexe muni d’un repère orthonormé direct \((O ; \vec{u}, \vec{v})\), on considère les points \(A\), \(B\), \(C\), \(E\) et \(F\) d’affixes respectives \(a = m\), \(b = 1\), \(c = im\), \(e = \dfrac{1}{2}(1 + i)(m - i)\) et \(f = \dfrac{1}{2}(1 + i)(1 + m)\).

1- a) Montrer que : \(\dfrac{e - c}{e - b} = -i \cdot \left(\dfrac{m + 1}{m - 1}\right)\). 0,5 pt

1- b) En déduire que \(E \in (BC)\). 0,25 pt

2- a) Montrer que : \(\dfrac{e - a}{c - b} = \dfrac{1}{2}(1 + i) \cdot \left(\dfrac{m - 1}{m + i}\right)\). 0,5 pt

2- b) En déduire que \((AE) \perp (BC)\). 0,25 pt

3- a) Montrer que : \(\dfrac{f - c}{f - a} = -i \cdot \left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right)\). 0,25 pt

3- b) En déduire que les points \(A\), \(E\), \(C\) et \(F\) sont cocycliques. 0,5 pt

Exercice 4 : Arithmétique et probabilités 3 points

Partie I

On considère dans \(\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}\) l’équation \((E) :\ 5x - 6y = 2\).

1- Montrer que l’ensemble des solutions de l’équation \((E)\) est \(\{(4 + 6k\ ;\ 3 + 5k) \,/\, k \in \mathbb{Z}\}\). 0,25 pt

2- Soit \((x, y)\) une solution de l’équation \((E)\) et \(d\) le plus grand diviseur commun des nombres \(x\) et \(y\).

2- a) Quelles sont les valeurs possibles de \(d\) ? 0,25 pt

2- b) Déterminer les couples \((x, y)\) pour lesquels \(d = 1\). 0,25 pt

Partie II

1- Soient \(n \in \mathbb{N}\), \(b \in \mathbb{N}^{*} - \{1\}\) et \(p \in \mathbb{N}\). On considère l’écriture de \(n\) dans le système de numération de base \(b\) :

\[n = \sum_{i=0}^{p} a_{i}\,b^{i}\]

avec, pour tout \(i \in \{0, \ldots, p\}\) : \(a_{i} \in \mathbb{N}\) et \(0 \leq a_{i} < b\), et \(a_{p} \neq 0\). On pose \(S_{b}(n) = \displaystyle\sum_{i=0}^{p} a_{i}\) (la somme des chiffres représentant \(n\) dans le système de numération de base \(b\)).

Montrer que : \(S_{b}(n) \equiv n\ [b - 1]\). 0,5 pt

2- Soit \(n \in \mathbb{N}\) tel que le couple \((S_{5}(n), S_{6}(n))\) est une solution de l’équation \((E)\) avec \(S_{5}(n)\) et \(S_{6}(n)\) premiers entre eux.

2- a) Montrer que : \(n \equiv 0\ [4]\) et \(n \equiv 3\ [5]\). 0,25 pt

2- b) En déduire que \(n \equiv 8\ [20]\). 0,25 pt

3- a) Calculer \(S_{5}(28)\) et \(S_{6}(28)\). 0,5 pt

3- b) Le couple \((S_{5}(28), S_{6}(28))\) est-il une solution de l’équation \((E)\) ? Justifier votre réponse. 0,25 pt

Partie III

On considère une urne contenant 25 boules numérotées de 1 à 25 et indiscernables au toucher. On tire successivement et avec remise deux boules de cette urne et on note le couple \((x, y)\) obtenu, où \(x\) est le numéro de la première boule tirée et \(y\) est le numéro de la deuxième boule tirée. Soit \(V\) l’événement : « le couple \((x, y)\) obtenu est une solution de l’équation \((E)\) ».

1- Montrer que la probabilité de l’événement \(V\) est : \(p = 64 \cdot 10^{-4}\). 0,25 pt

2- On répète cette expérience 10 fois successives en remettant les boules tirées dans l’urne après chaque tirage. Calculer la probabilité de la réalisation de l’événement \(V\) exactement deux fois (le développement des calculs n’est pas demandé). 0,25 pt

Exercice 5 : Structures algébriques 3,5 points

On rappelle que \((M_{3}(\mathbb{R}), +, \times)\) est un anneau unitaire non commutatif, de zéro la matrice \(O\) et d’unité la matrice \(I\) :

\[O = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}\] \[I = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}\]

Soit \(a \in \mathbb{R}_{+}^{*} - \{1\}\). Pour tout réel \(x\), on pose :

\[M(x) = \begin{pmatrix} a^{x} & a^{x} - 1 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & a^{x} \end{pmatrix}\]

On considère l’ensemble : \(E = \{M(x) \,/\, x \in \mathbb{R}\}\).

1- Montrer que \(E\) est stable dans \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\). 0,5 pt

2- Soit \(\varphi\) l’application définie de \(\mathbb{R}\) vers \(M_{3}(\mathbb{R})\) par : \((\forall x \in \mathbb{R}),\ \varphi(x) = M(x)\).

2- a) Montrer que \(\varphi\) est un homomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\) et que \(\varphi(\mathbb{R}) = E\). 0,5 pt

(Énoncé de la question 2- a) reconstitué : cette ligne est coupée dans le sujet scanné.)

2- b) En déduire que \((E, \times)\) est un groupe commutatif. 0,25 pt

3- On prend dans cette question \(a = 5\) et on pose :

\[A = \begin{pmatrix} \frac{1}{25} & -\frac{24}{25} & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & \frac{1}{25} \end{pmatrix}\] \[B = \begin{pmatrix} 25 & 24 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 25 \end{pmatrix}\]

3- a) Vérifier que \(A \in E\) et \(B \in E\). 0,5 pt

3- b) Résoudre dans \(E\) l’équation : \(A^{5} \times X^{6} = B^{2026}\). 0,75 pt

4- On munit \(E\) de la loi de composition interne \(T\) définie par : \(\forall (x, y) \in \mathbb{R}^{2},\ M(x)\,T\,M(y) = M\left(\dfrac{1}{\sqrt{2}}\,xy\right)\).

4- a) Montrer que \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif. 0,5 pt

4- b) Montrer que \((E, \times, T)\) est un corps commutatif. 0,5 pt

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Exercice 1 : Analyse

Partie I

Dans toute cette partie, \(x\) est un réel fixé de \(]0, +\infty[ - \{1\}\). On note \(K = \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}}\) : c’est une constante (elle ne dépend pas de \(t\)), et \(h(t) = K(t - 1)^{2} - g(t)\).

1- Dérivabilité de \(h\) et calcul de \(h'(t)\)

La fonction \(g\) est dérivable sur \(]0, +\infty[\) et \(g'(t) = \dfrac{1}{t} - 1\). La fonction \(t \mapsto K(t - 1)^{2}\) est une fonction polynôme, donc dérivable sur \(]0, +\infty[\). Par différence, \(h\) est dérivable sur \(]0, +\infty[\) et, pour tout \(t > 0\) :

\[\begin{aligned} h'(t) &= 2K(t - 1) - \left(\dfrac{1}{t} - 1\right) \\ &= 2K(t - 1) + \dfrac{t - 1}{t} \\ &= \left(2K + \dfrac{1}{t}\right)(t - 1) \end{aligned}\]

En remplaçant \(K\) par sa valeur :

\[h'(t) = \left(\dfrac{2g(x)}{(x - 1)^{2}} + \dfrac{1}{t}\right)(t - 1)\]

2- Application du théorème de Rolle

On calcule \(h(1)\) et \(h(x)\), en remarquant que \(g(1) = \ln 1 - 0 = 0\) :

\[h(1) = K \times 0 - g(1) = 0\] \[\begin{aligned} h(x) &= \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}}(x - 1)^{2} - g(x) \\ &= g(x) - g(x) = 0 \end{aligned}\]

La fonction \(h\) est continue sur l’intervalle fermé d’extrémités \(x\) et \(1\), dérivable sur l’intervalle ouvert correspondant, et \(h(x) = h(1)\). D’après le théorème de Rolle, il existe un réel \(\theta\) strictement compris entre \(x\) et \(1\) tel que \(h'(\theta) = 0\), c’est-à-dire :

\[\left(2K + \dfrac{1}{\theta}\right)(\theta - 1) = 0\]

Comme \(\theta \neq 1\), on obtient \(2K + \dfrac{1}{\theta} = 0\), donc \(K = \dfrac{-1}{2\theta}\) :

\[\dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} = \dfrac{-1}{2\theta}\]

3- Encadrement de \(\theta\)

On distingue deux cas selon la position de \(x\) par rapport à \(1\).

• Si \(x > 1\) : alors \(|x - 1| = x - 1\), donc

\[\begin{aligned} \dfrac{x + 1 - |x - 1|}{2} &= 1 \\ \dfrac{x + 1 + |x - 1|}{2} &= x \end{aligned}\]

Or \(\theta\) est strictement compris entre \(1\) et \(x\) : \(1 < \theta < x\).

• Si \(0 < x < 1\) : alors \(|x - 1| = 1 - x\), donc

\[\begin{aligned} \dfrac{x + 1 - |x - 1|}{2} &= x \\ \dfrac{x + 1 + |x - 1|}{2} &= 1 \end{aligned}\]

Or \(\theta\) est strictement compris entre \(x\) et \(1\) : \(x < \theta < 1\).

Dans les deux cas :

\[\begin{aligned} \dfrac{x + 1 - |x - 1|}{2} &< \theta \\ &< \dfrac{x + 1 + |x - 1|}{2} \end{aligned}\]

4- Encadrement de \(\dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}}\)

D’après la question 3, en multipliant par \(2\) :

\[\begin{aligned} 0 &< x + 1 - |x - 1| < 2\theta \\ 2\theta &< x + 1 + |x - 1| \end{aligned}\]

(le nombre \(x + 1 - |x - 1|\) vaut \(2\) ou \(2x\), il est strictement positif). La fonction inverse est strictement décroissante sur \(]0, +\infty[\), donc :

\[\begin{aligned} \dfrac{1}{x + 1 + |x - 1|} &< \dfrac{1}{2\theta} \\ &< \dfrac{1}{x + 1 - |x - 1|} \end{aligned}\]

En multipliant par \(-1\) (le sens des inégalités change) et en utilisant \(\dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} = \dfrac{-1}{2\theta}\) :

\[\begin{aligned} \dfrac{-1}{x + 1 - |x - 1|} &< \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} \\ &< \dfrac{-1}{|x - 1| + x + 1} \end{aligned}\]

Partie II

1- a) Limites de \(f\) en \(0^{+}\) et en \(+\infty\)

• En \(0^{+}\) : \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \ln(x) = -\infty\) et \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} (x - 1) = -1\), donc \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \dfrac{\ln(x)}{x - 1} = +\infty\). Par suite :

\[\lim_{x \to 0^{+}} f(x) = +\infty\]

Interprétation : l’axe des ordonnées (la droite d’équation \(x = 0\)) est une asymptote verticale à la courbe \((C)\).

• En \(+\infty\) : pour \(x > 1\),

\[\dfrac{\ln(x)}{x - 1} = \dfrac{\ln(x)}{x} \times \dfrac{x}{x - 1}\]

Or \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(x)}{x} = 0\) et \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x}{x - 1} = 1\). Donc \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(x)}{x - 1} = 0\) et :

\[\lim_{x \to +\infty} f(x) = 0\]

Interprétation : l’axe des abscisses (la droite d’équation \(y = 0\)) est une asymptote horizontale à \((C)\) au voisinage de \(+\infty\).

1- b) Continuité de \(f\) en \(1\)

La fonction \(\ln\) est dérivable en \(1\) et \(\ln'(1) = 1\), donc :

\[\begin{aligned} \lim_{x \to 1} \dfrac{\ln(x)}{x - 1} &= \lim_{x \to 1} \dfrac{\ln(x) - \ln(1)}{x - 1} \\ &= 1 \end{aligned}\]

Par suite \(\displaystyle\lim_{x \to 1} f(x) = 1^{2} = 1 = f(1)\). Donc \(f\) est continue au point \(1\).

2- a) Taux d’accroissement de \(f\) en \(1\)

Soit \(x \in\, ]0, 1[\, \cup\, ]1, +\infty[\). Avec l’identité \(A^{2} - 1 = (A + 1)(A - 1)\) :

\[\begin{aligned} &f(x) - 1 = \left(\dfrac{\ln(x)}{x - 1}\right)^{2} - 1 \\ &= \left(\dfrac{\ln(x)}{x - 1} + 1\right)\left(\dfrac{\ln(x)}{x - 1} - 1\right) \end{aligned}\]

Or :

\[\begin{aligned} \dfrac{\ln(x)}{x - 1} - 1 &= \dfrac{\ln(x) - (x - 1)}{x - 1} \\ &= \dfrac{g(x)}{x - 1} \end{aligned}\]

En divisant par \(x - 1\) :

\[\begin{aligned} &\dfrac{f(x) - 1}{x - 1} \\ &= \left(1 + \dfrac{\ln(x)}{x - 1}\right)\left(\dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}}\right) \end{aligned}\]

2- b) Dérivabilité de \(f\) en \(1\)

D’après la partie I (question 4), pour tout \(x \in\, ]0, +\infty[ - \{1\}\) :

\[\begin{aligned} \dfrac{-1}{x + 1 - |x - 1|} &< \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} \\ &< \dfrac{-1}{|x - 1| + x + 1} \end{aligned}\]

Quand \(x\) tend vers \(1\), \(|x - 1|\) tend vers \(0\) et \(x + 1\) tend vers \(2\) : les deux bornes tendent vers \(-\dfrac{1}{2}\). D’après le théorème des gendarmes :

\[\lim_{x \to 1} \dfrac{g(x)}{(x - 1)^{2}} = -\dfrac{1}{2}\]

De plus \(\displaystyle\lim_{x \to 1} \left(1 + \dfrac{\ln(x)}{x - 1}\right) = 2\). D’après 2- a) :

\[\begin{aligned} &\lim_{x \to 1} \dfrac{f(x) - f(1)}{x - 1} \\ &= 2 \times \left(-\dfrac{1}{2}\right) = -1 \end{aligned}\]

Donc \(f\) est dérivable en \(1\) et \(f'(1) = -1\).

2- c) Équation de la tangente \((T)\)

\[\begin{aligned} (T) :\ y &= f'(1)(x - 1) + f(1) \\ &= -(x - 1) + 1 \end{aligned}\]

Donc \((T) :\ y = -x + 2\).

3- a) Dérivabilité de \(f\) sur \(]0, +\infty[\) et calcul de \(f'(x)\)

On pose \(u(x) = \dfrac{\ln(x)}{x - 1}\) pour \(x \neq 1\). La fonction \(u\) est dérivable sur \(]0, 1[\) et sur \(]1, +\infty[\) (quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s’annule pas), donc \(f = u^{2}\) aussi. Comme \(f\) est dérivable en \(1\) (question 2- b), \(f\) est dérivable sur \(]0, +\infty[\).

Pour \(x \neq 1\) :

\[\begin{aligned} u'(x) &= \dfrac{\frac{1}{x}(x - 1) - \ln(x)}{(x - 1)^{2}} \\ &= \dfrac{1 - \frac{1}{x} - \ln(x)}{(x - 1)^{2}} \end{aligned}\]

Or :

\[\begin{aligned} g\left(\dfrac{1}{x}\right) &= \ln\left(\dfrac{1}{x}\right) - \left(\dfrac{1}{x} - 1\right) \\ &= -\ln(x) - \dfrac{1}{x} + 1 \end{aligned}\]

Donc \(u'(x) = \dfrac{g\left(\frac{1}{x}\right)}{(x - 1)^{2}}\), et comme \(f'(x) = 2u(x)u'(x)\) :

\[f'(x) = \dfrac{2\ln(x)}{x - 1} \cdot \dfrac{g\left(\frac{1}{x}\right)}{(x - 1)^{2}}\]

3- b) Signe de \(\dfrac{\ln(x)}{x - 1}\)

  • Si \(x > 1\) : \(\ln(x) > 0\) et \(x - 1 > 0\), donc le quotient est strictement positif.
  • Si \(0 < x < 1\) : \(\ln(x) < 0\) et \(x - 1 < 0\), donc le quotient est strictement positif.

Donc \(\forall x \in\, ]0, 1[\, \cup\, ]1, +\infty[,\ \dfrac{\ln(x)}{x - 1} > 0\).

3- c) Signe de \(g\) et variations de \(f\)

• Signe de \(g\). Pour tout \(t > 0\), \(g'(t) = \dfrac{1}{t} - 1 = \dfrac{1 - t}{t}\), qui est du signe de \(1 - t\).

\[\begin{array}{|c|lcccr|} \hline t & 0 & & 1 & & +\infty \\ \hline g'(t) & & + & 0 & - & \\ \hline g(t) & & \nearrow & 0 & \searrow & \\ \hline \end{array}\]

\(g\) admet un maximum en \(1\), égal à \(g(1) = 0\). Donc \(g(t) \leq 0\) pour tout \(t > 0\) : \(g\) est négative sur \(]0, +\infty[\). De plus \(g(t) < 0\) pour tout \(t \neq 1\).

• Variations de \(f\). Soit \(x \in\, ]0, +\infty[ - \{1\}\). Alors \(\dfrac{1}{x} \neq 1\), donc \(g\left(\dfrac{1}{x}\right) < 0\). De plus \(\dfrac{2\ln(x)}{x - 1} > 0\) (question 3- b) et \((x - 1)^{2} > 0\). Donc \(f'(x) < 0\). Enfin \(f'(1) = -1 < 0\).

Donc \(f\) est strictement décroissante sur \(]0, +\infty[\).

\[\begin{array}{|c|lcr|} \hline x & 0 & & +\infty \\ \hline f'(x) & & - & \\ \hline f(x) & +\infty & \searrow & 0 \\ \hline \end{array}\]

4- Résolution de \(f(x) = x\)

On a \(f(1) = 1\), donc \(1\) est solution. Comme \(f\) est strictement décroissante sur \(]0, +\infty[\) :

  • si \(0 < x < 1\), alors \(f(x) > f(1) = 1 > x\), donc \(f(x) \neq x\) ;
  • si \(x > 1\), alors \(f(x) < f(1) = 1 < x\), donc \(f(x) \neq x\).

Donc \(1\) est la seule solution de l’équation \(f(x) = x\) sur \(]0, +\infty[\).

5- Tangente \((T)\) et courbe \((C)\)

Éléments utilisés pour le tracé :

  • l’axe des ordonnées est asymptote verticale à \((C)\) et l’axe des abscisses est asymptote horizontale en \(+\infty\) ;
  • \(f\) est strictement décroissante sur \(]0, +\infty[\) ;
  • \((C)\) passe par le point \(A(1 ; 1)\), où sa tangente est \((T) :\ y = -x + 2\), qui passe par les points \((0 ; 2)\) et \((2 ; 0)\) ;
  • quelques valeurs approchées : \(f(0{,}25) \simeq 3{,}4\), \(f(0{,}5) \simeq 1{,}9\), \(f(2) \simeq 0{,}5\), \(f(3) \simeq 0{,}3\).

Tangente (T) et courbe (C) : examen national 2026, rattrapage, Sciences Mathématiques

6- a) Existence et unicité de \(x_{n}\)

La fonction \(f\) est continue et strictement décroissante sur \(]0, 1]\). Elle réalise donc une bijection de \(]0, 1]\) vers :

\[\begin{aligned} f\big(]0, 1]\big) &= \Big[f(1)\ ;\ \lim_{x \to 0^{+}} f(x)\Big[ \\ &= [1, +\infty[ \end{aligned}\]

Comme \(n \in \mathbb{N}^{*}\), on a \(n \in [1, +\infty[\). Donc l’équation \(f(x) = n\) admet une solution unique \(x_{n}\) dans \(]0, 1]\).

6- b) \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} x_{n} = 0\)

• La suite \((x_{n})\) est décroissante. Pour tout \(n \in \mathbb{N}^{*}\), \(f(x_{n+1}) = n + 1 > n = f(x_{n})\). Comme \(f\) est strictement décroissante, \(x_{n+1} < x_{n}\).

• Elle converge. \((x_{n})\) est décroissante et minorée par \(0\), donc elle converge vers un réel \(\ell\) tel que \(0 \leq \ell \leq 1\).

• Sa limite est \(0\). Supposons \(\ell > 0\). Alors \(\ell \in\, ]0, 1]\) et \(f\) est continue en \(\ell\), donc \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} f(x_{n}) = f(\ell)\), qui est un nombre réel. Or \(f(x_{n}) = n\) tend vers \(+\infty\) : contradiction. Donc \(\ell = 0\).

\[\lim_{n \to +\infty} x_{n} = 0\]

6- c) Limite de \(x_{n}\sqrt{n}\)

• Vérification. Soit \(n \geq 2\). Comme \(f(1) = 1 \neq n\), on a \(x_{n} \neq 1\), donc \(x_{n} \in\, ]0, 1[\) et :

\[f(x_{n}) = \left(\dfrac{\ln(x_{n})}{x_{n} - 1}\right)^{2} = n\]

D’après 3- b), \(\dfrac{\ln(x_{n})}{x_{n} - 1} > 0\). Donc :

\[\sqrt{n} = \dfrac{\ln(x_{n})}{x_{n} - 1}\]

Remarque : pour \(n = 1\), on a \(x_{1} = 1\) et le quotient n’est pas défini ; l’égalité est à comprendre pour \(n \geq 2\), ce qui suffit pour calculer la limite.

• Limite. Pour \(n \geq 2\) :

\[x_{n}\sqrt{n} = \dfrac{x_{n}\ln(x_{n})}{x_{n} - 1}\]

Quand \(n\) tend vers \(+\infty\), \(x_{n}\) tend vers \(0^{+}\). Or \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} x\ln(x) = 0\), donc \(x_{n}\ln(x_{n})\) tend vers \(0\), et \(x_{n} - 1\) tend vers \(-1\). Par quotient :

\[\lim_{n \to +\infty} x_{n}\sqrt{n} = 0\]

Exercice 2 : Analyse

1- Décomposition de l’intégrale

Soit \(n \in \mathbb{N}^{*}\). Pour tout \(x \in [0, 1]\), on écrit \(\varphi(x) = \varphi(1) + \big(\varphi(x) - \varphi(1)\big)\). Par linéarité de l’intégrale :

\[\begin{aligned} &\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx = \varphi(1)\int_{0}^{1} x^{n}\,dx \\ &\quad + \int_{0}^{1} x^{n}\big(\varphi(x) - \varphi(1)\big)\,dx \end{aligned}\]

Or \(\displaystyle\int_{0}^{1} x^{n}\,dx = \left[\dfrac{x^{n+1}}{n + 1}\right]_{0}^{1} = \dfrac{1}{n + 1}\). Donc :

\[\begin{aligned} &\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx = \dfrac{\varphi(1)}{n + 1} \\ &\quad + \int_{0}^{1} x^{n}\big(\varphi(x) - \varphi(1)\big)\,dx \end{aligned}\]

2- La dérivée \(\varphi'\) est bornée

La fonction \(\varphi'\) est continue sur le segment \([0, 1]\), donc \(|\varphi'|\) aussi. Or toute fonction continue sur un segment est bornée. Il existe donc un réel \(M \geq 0\) tel que :

\[\forall x \in [0, 1],\ |\varphi'(x)| \leq M\]

3- \(|\varphi(x) - \varphi(1)| \leq M(1 - x)\)

Si \(x = 1\), les deux membres sont nuls. Soit \(x \in [0, 1[\). La fonction \(\varphi\) est continue sur \([x, 1]\), dérivable sur \(]x, 1[\) et \(|\varphi'(t)| \leq M\) pour tout \(t \in\, ]x, 1[\). D’après l’inégalité des accroissements finis :

\[|\varphi(1) - \varphi(x)| \leq M|1 - x| = M(1 - x)\]

4- Limite de \(n\displaystyle\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx\)

D’après la question 1, en multipliant par \(n\) :

\[\begin{aligned} &n\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx \\ &= \dfrac{n}{n + 1}\,\varphi(1) + R_{n} \end{aligned}\]

où l’on a posé :

\[R_{n} = n\int_{0}^{1} x^{n}\big(\varphi(x) - \varphi(1)\big)\,dx\]

On majore \(|R_{n}|\) à l’aide de la question 3 (et de \(x^{n} \geq 0\)) :

\[\begin{aligned} &|R_{n}| \\ &\leq n\int_{0}^{1} x^{n}\,|\varphi(x) - \varphi(1)|\,dx \\ &\leq nM\int_{0}^{1} x^{n}(1 - x)\,dx \end{aligned}\]

Or :

\[\begin{aligned} &\int_{0}^{1} x^{n}(1 - x)\,dx \\ &= \int_{0}^{1} (x^{n} - x^{n+1})\,dx \\ &= \dfrac{1}{n + 1} - \dfrac{1}{n + 2} \\ &= \dfrac{1}{(n + 1)(n + 2)} \end{aligned}\]

Donc \(0 \leq |R_{n}| \leq \dfrac{nM}{(n + 1)(n + 2)}\). Comme \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} \dfrac{nM}{(n + 1)(n + 2)} = 0\), on a \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} R_{n} = 0\). De plus \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} \dfrac{n}{n + 1} = 1\). Par somme :

\[\lim_{n \to +\infty} n\int_{0}^{1} x^{n}\varphi(x)\,dx = \varphi(1)\]

5- Limites de \((u_{n})\) et de \((v_{n})\)

• La suite \((u_{n})\). On a \(u_{n} = n\displaystyle\int_{0}^{1} t^{n}\varphi(t)\,dt\) avec \(\varphi(t) = \dfrac{1}{1 + 2t}\). Cette fonction est dérivable sur \([0, 1]\) et sa dérivée \(\varphi'(t) = \dfrac{-2}{(1 + 2t)^{2}}\) est continue sur \([0, 1]\). D’après la question 4 :

\[\lim_{n \to +\infty} u_{n} = \varphi(1) = \dfrac{1}{3}\]

• La suite \((v_{n})\). On effectue le changement de variable \(t = 2x\) : \(x = \dfrac{t}{2}\), \(dx = \dfrac{dt}{2}\), et \(t\) varie de \(0\) à \(1\) quand \(x\) varie de \(0\) à \(\dfrac{1}{2}\).

\[\begin{aligned} &\int_{0}^{\frac{1}{2}} x^{n}\,\mathrm{Arctan}(2x)\,dx \\ &= \int_{0}^{1} \left(\dfrac{t}{2}\right)^{n}\mathrm{Arctan}(t)\,\dfrac{dt}{2} \\ &= \dfrac{1}{2^{n+1}}\int_{0}^{1} t^{n}\,\mathrm{Arctan}(t)\,dt \end{aligned}\]

Donc \(v_{n} = n\displaystyle\int_{0}^{1} t^{n}\,\mathrm{Arctan}(t)\,dt\). La fonction \(\varphi = \mathrm{Arctan}\) est dérivable sur \([0, 1]\) et sa dérivée \(\varphi'(t) = \dfrac{1}{1 + t^{2}}\) est continue sur \([0, 1]\). D’après la question 4 :

\[\lim_{n \to +\infty} v_{n} = \mathrm{Arctan}(1) = \dfrac{\pi}{4}\]

Exercice 3 : Nombres complexes

On note \(P(z) = z^{3} - \big(1 + (1 + i)m\big)z^{2} + \big((1 + i)m + i m^{2}\big)z - i m^{2}\).

Partie I

1- \(1\) et \(m\) sont solutions de \((E_{m})\)

• Pour \(z = 1\) :

\[\begin{aligned} P(1) &= 1 - 1 - (1 + i)m \\ &\quad + (1 + i)m + i m^{2} - i m^{2} \\ &= 0 \end{aligned}\]

• Pour \(z = m\) :

\[\begin{aligned} P(m) &= m^{3} - m^{2} - (1 + i)m^{3} \\ &\quad + (1 + i)m^{2} + i m^{3} - i m^{2} \\ &= (1 - 1 - i + i)m^{3} \\ &\quad + (-1 + 1 + i - i)m^{2} \\ &= 0 \end{aligned}\]

Donc \(1\) et \(m\) sont des solutions de \((E_{m})\).

2- Ensemble des solutions de \((E_{m})\)

\(P\) est un polynôme de degré \(3\) dont \(1\) et \(m\) sont deux racines distinctes (\(m \neq 1\)). Il existe donc un nombre complexe \(z_{3}\) tel que, pour tout \(z\) :

\[P(z) = (z - 1)(z - m)(z - z_{3})\]

En comparant les termes constants : \(-m\,z_{3} = -i m^{2}\). Comme \(m \neq 0\), on obtient \(z_{3} = im\).

Vérification : la somme des racines \(1 + m + im\) est bien égale à \(1 + (1 + i)m\), le coefficient de \(z^{2}\) changé de signe.

\[S = \{1\ ;\ m\ ;\ im\}\]

Partie II – A

Comme \(|m| = 1\), on a \(m\,\overline{m} = |m|^{2} = 1\), donc \(\overline{m} = \dfrac{1}{m}\). Les dénominateurs sont non nuls : \(1 + im \neq 0\) car \(m \neq i\), \(m - 1 \neq 0\) et \(m + i \neq 0\).

1- Deux égalités

• Première égalité. Le conjugué d’un quotient est le quotient des conjugués :

\[\overline{\left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right)} = \dfrac{\overline{m} - i}{1 - i\,\overline{m}}\]

On multiplie le numérateur et le dénominateur par \(m\) (avec \(m\,\overline{m} = 1\)), puis par \(i\) :

\[\dfrac{\overline{m} - i}{1 - i\,\overline{m}} = \dfrac{1 - im}{m - i} = \dfrac{i + m}{im + 1}\]

Donc :

\[\overline{\left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right)} - \left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right) = 0\]

Autrement dit, \(\dfrac{m + i}{1 + im}\) est un nombre réel.

• Deuxième égalité. On remplace \(\overline{m}\) par \(\dfrac{1}{m}\), puis on multiplie le numérateur et le dénominateur par \(m\) :

\[\begin{aligned} \dfrac{\overline{m} + 1}{\overline{m} - 1} &= \dfrac{\frac{1}{m} + 1}{\frac{1}{m} - 1} = \dfrac{1 + m}{1 - m} \\ &= -\dfrac{m + 1}{m - 1} \end{aligned}\]

Donc :

\[\left(\dfrac{\overline{m} + 1}{\overline{m} - 1}\right) + \left(\dfrac{m + 1}{m - 1}\right) = 0\]

Autrement dit, \(\dfrac{m + 1}{m - 1}\) est égal à l’opposé de son conjugué : c’est un imaginaire pur.

2- \((1 + i)\left(\dfrac{m - 1}{m + i}\right)\) est un imaginaire pur

On pose \(Z = (1 + i)\,\dfrac{m - 1}{m + i}\). On calcule son conjugué, en multipliant le numérateur et le dénominateur par \(m\), puis par \(i\) :

\[\begin{aligned} \overline{Z} &= (1 - i)\,\dfrac{\overline{m} - 1}{\overline{m} - i} \\ &= (1 - i)\,\dfrac{1 - m}{1 - im} \\ &=\dfrac{(i + 1)(1 - m)}{i + m} \\ &= -(1 + i)\,\dfrac{m - 1}{m + i} = -Z \end{aligned}\]

Donc \(Z + \overline{Z} = 0\), c’est-à-dire \(\mathrm{Re}(Z) = 0\) : \(Z\) est un imaginaire pur.

Partie II – B

1- a) Calcul de \(\dfrac{e - c}{e - b}\)

\[\begin{aligned} e - c &= \dfrac{1}{2}(1 + i)(m - i) - im \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 + i)m - i + 1 - 2im\big] \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 - i)m + (1 - i)\big] \\ &= \dfrac{1}{2}(1 - i)(m + 1) \end{aligned}\] \[\begin{aligned} e - b &= \dfrac{1}{2}(1 + i)(m - i) - 1 \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 + i)m - i + 1 - 2\big] \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 + i)m - (1 + i)\big] \\ &= \dfrac{1}{2}(1 + i)(m - 1) \end{aligned}\]

Comme \(\dfrac{1 - i}{1 + i} = \dfrac{(1 - i)^{2}}{2} = -i\) :

\[\begin{aligned} \dfrac{e - c}{e - b} &= \dfrac{(1 - i)(m + 1)}{(1 + i)(m - 1)} \\ &= -i \cdot \left(\dfrac{m + 1}{m - 1}\right) \end{aligned}\]

1- b) \(E \in (BC)\)

D’après A- 1, \(\dfrac{m + 1}{m - 1}\) est un imaginaire pur : il existe un réel \(k\) tel que \(\dfrac{m + 1}{m - 1} = ik\). Alors :

\[\dfrac{e - c}{e - b} = -i \times ik = k \in \mathbb{R}\]

Les vecteurs \(\overrightarrow{BE}\) et \(\overrightarrow{CE}\) sont donc colinéaires : les points \(B\), \(C\) et \(E\) sont alignés, c’est-à-dire \(E \in (BC)\).

2- a) Calcul de \(\dfrac{e - a}{c - b}\)

\[\begin{aligned} e - a &= \dfrac{1}{2}(1 + i)(m - i) - m \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 + i)m - i + 1 - 2m\big] \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(i - 1)m - (i - 1)\big] \\ &= \dfrac{1}{2}(i - 1)(m - 1) \end{aligned}\]

et \(c - b = im - 1 = i(m + i)\), car \(i \times i = -1\). Comme \(\dfrac{i - 1}{i} = 1 + i\) :

\[\begin{aligned} \dfrac{e - a}{c - b} &= \dfrac{(i - 1)(m - 1)}{2i(m + i)} \\ &= \dfrac{1}{2}(1 + i) \cdot \left(\dfrac{m - 1}{m + i}\right) \end{aligned}\]

2- b) \((AE) \perp (BC)\)

D’après A- 2, \((1 + i)\,\dfrac{m - 1}{m + i}\) est un imaginaire pur, et il est non nul car \(m \neq 1\). Donc \(\dfrac{e - a}{c - b}\) est un imaginaire pur non nul :

\[\big(\overrightarrow{BC}, \overrightarrow{AE}\big) \equiv \dfrac{\pi}{2}\ [\pi]\]

Les droites \((AE)\) et \((BC)\) sont perpendiculaires.

3- a) Calcul de \(\dfrac{f - c}{f - a}\)

\[\begin{aligned} f - c &= \dfrac{1}{2}(1 + i)(1 + m) - im \\ &= \dfrac{1}{2}\big[1 + i + m + im - 2im\big] \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 + i) + (1 - i)m\big] \end{aligned}\] \[\begin{aligned} f - a &= \dfrac{1}{2}(1 + i)(1 + m) - m \\ &= \dfrac{1}{2}\big[1 + i + m + im - 2m\big] \\ &= \dfrac{1}{2}\big[(1 + i) - (1 - i)m\big] \end{aligned}\]

On divise le numérateur et le dénominateur par \(1 + i\), avec \(\dfrac{1 - i}{1 + i} = -i\) :

\[\begin{aligned} \dfrac{f - c}{f - a} &= \dfrac{(1 + i) + (1 - i)m}{(1 + i) - (1 - i)m} \\ &= \dfrac{1 - im}{1 + im} \end{aligned}\]

Or \(-i(m + i) = -im + 1\). Donc :

\[\dfrac{f - c}{f - a} = -i \cdot \left(\dfrac{m + i}{1 + im}\right)\]

3- b) Les points \(A\), \(E\), \(C\) et \(F\) sont cocycliques

• Le triangle \(AFC\) est rectangle en \(F\). D’après A- 1, \(\dfrac{m + i}{1 + im}\) est un réel, non nul car \(m \neq -i\). Donc \(\dfrac{f - c}{f - a}\) est un imaginaire pur non nul : \((FA) \perp (FC)\).

• Le triangle \(AEC\) est rectangle en \(E\). On a \(E \in (BC)\) et \((AE) \perp (BC)\), avec \(E \neq C\) (car \(e - c = \dfrac{1}{2}(1 - i)(m + 1) \neq 0\)) et \(E \neq A\) (car \(e - a = \dfrac{1}{2}(i - 1)(m - 1) \neq 0\)). Donc \((EA) \perp (EC)\).

• Conclusion. Les points \(E\) et \(F\) appartiennent au cercle de diamètre \([AC]\) (on a \(A \neq C\) car \(m \neq im\)). Donc les points \(A\), \(E\), \(C\) et \(F\) sont cocycliques.

Exercice 4 : Arithmétique et probabilités

Partie I

1- Résolution de \((E) :\ 5x - 6y = 2\)

Le couple \((4, 3)\) est une solution particulière : \(5 \times 4 - 6 \times 3 = 20 - 18 = 2\).

Soit \((x, y) \in \mathbb{Z} \times \mathbb{Z}\) une solution de \((E)\). Par soustraction :

\[5(x - 4) = 6(y - 3)\]

Donc \(6\) divise \(5(x - 4)\). Comme \(6 \wedge 5 = 1\), le théorème de Gauss donne : \(6\) divise \(x - 4\). Il existe donc \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(x = 4 + 6k\). En remplaçant : \(5 \times 6k = 6(y - 3)\), d’où \(y = 3 + 5k\).

Réciproquement, pour tout \(k \in \mathbb{Z}\) : \(5(4 + 6k) - 6(3 + 5k) = 20 - 18 = 2\).

\[S = \{(4 + 6k\ ;\ 3 + 5k) \,/\, k \in \mathbb{Z}\}\]

2- a) Valeurs possibles de \(d\)

\(d\) divise \(x\) et \(y\), donc \(d\) divise \(5x - 6y = 2\). Par suite \(d = 1\) ou \(d = 2\).

Ces deux valeurs sont atteintes : pour \((4, 3)\) on a \(d = 1\), et pour \((10, 8)\) on a \(d = 2\).

2- b) Couples pour lesquels \(d = 1\)

Soit \(k \in \mathbb{Z}\), \(x = 4 + 6k\) et \(y = 3 + 5k\). Le nombre \(x = 2(2 + 3k)\) est toujours pair. Donc \(d = 2\) si et seulement si \(y\) est pair, c’est-à-dire si \(k\) est impair (car \(3 + 5k\) a la parité contraire de celle de \(k\)).

Ainsi \(d = 1\) si et seulement si \(k\) est pair. En posant \(k = 2k'\) avec \(k' \in \mathbb{Z}\), les couples cherchés sont, pour \(k' \in \mathbb{Z}\) :

\[(x, y) = (4 + 12k'\ ;\ 3 + 10k')\]

Partie II

1- \(S_{b}(n) \equiv n\ [b - 1]\)

On a \(b \equiv 1\ [b - 1]\). Donc, pour tout \(i \in \{0, \ldots, p\}\), \(b^{i} \equiv 1\ [b - 1]\), puis \(a_{i}\,b^{i} \equiv a_{i}\ [b - 1]\). En additionnant ces congruences :

\[n = \sum_{i=0}^{p} a_{i}\,b^{i} \equiv \sum_{i=0}^{p} a_{i}\ [b - 1]\]

c’est-à-dire \(S_{b}(n) \equiv n\ [b - 1]\).

2- a) \(n \equiv 0\ [4]\) et \(n \equiv 3\ [5]\)

Le couple \((S_{5}(n), S_{6}(n))\) est une solution de \((E)\) dont les deux termes sont premiers entre eux (\(d = 1\)). D’après la partie I (question 2- b), il existe \(k' \in \mathbb{Z}\) tel que :

\[\begin{aligned} S_{5}(n) &= 4 + 12k' \\ S_{6}(n) &= 3 + 10k' \end{aligned}\]

D’après la question 1 avec \(b = 5\) : \(n \equiv S_{5}(n)\ [4]\), donc \(n \equiv 4 + 12k' \equiv 0\ [4]\).

D’après la question 1 avec \(b = 6\) : \(n \equiv S_{6}(n)\ [5]\), donc \(n \equiv 3 + 10k' \equiv 3\ [5]\).

2- b) \(n \equiv 8\ [20]\)

Comme \(8 \equiv 0\ [4]\) et \(8 \equiv 3\ [5]\), on a \(n - 8 \equiv 0\ [4]\) et \(n - 8 \equiv 0\ [5]\) : \(4\) et \(5\) divisent \(n - 8\). Or \(4 \wedge 5 = 1\), donc \(4 \times 5 = 20\) divise \(n - 8\) :

\[n \equiv 8\ [20]\]

3- a) Calcul de \(S_{5}(28)\) et \(S_{6}(28)\)

En base \(5\) : \(28 = 1 \times 5^{2} + 0 \times 5 + 3\), donc \(S_{5}(28) = 1 + 0 + 3 = 4\).

En base \(6\) : \(28 = 4 \times 6 + 4\), donc \(S_{6}(28) = 4 + 4 = 8\).

3- b) Le couple \((S_{5}(28), S_{6}(28))\) est-il solution de \((E)\) ?

On a \(5 \times 4 - 6 \times 8 = 20 - 48 = -28 \neq 2\). Donc le couple \((4, 8)\) n’est pas une solution de \((E)\).

Remarque : pourtant \(28 \equiv 8\ [20]\). La condition \(n \equiv 8\ [20]\) est donc nécessaire, mais elle n’est pas suffisante.

Partie III

1- Probabilité de \(V\)

Les tirages se font avec remise : il y a \(25 \times 25 = 625\) couples \((x, y)\) possibles, tous équiprobables.

Les couples favorables sont les solutions \((4 + 6k\ ;\ 3 + 5k)\) telles que \(1 \leq 4 + 6k \leq 25\) et \(1 \leq 3 + 5k \leq 25\). La première condition donne \(k \in \{0, 1, 2, 3\}\) et la seconde \(k \in \{0, 1, 2, 3, 4\}\). Donc \(k \in \{0, 1, 2, 3\}\), ce qui donne \(4\) couples :

\[(4 ; 3)\ ,\ (10 ; 8)\ ,\ (16 ; 13)\ ,\ (22 ; 18)\] \[\begin{aligned} p = P(V) &= \dfrac{4}{625} = 0{,}0064 \\ &= 64 \cdot 10^{-4} \end{aligned}\]

2- Probabilité de réaliser \(V\) exactement deux fois

On répète \(10\) fois, de façon indépendante, la même expérience dont la probabilité de succès est \(p = 64 \cdot 10^{-4}\). Le nombre \(X\) de réalisations de \(V\) suit la loi binomiale de paramètres \(10\) et \(p\). Donc :

\[\begin{aligned} &P(X = 2) = C_{10}^{2}\,p^{2}(1 - p)^{8} \\ &= 45 \times (64 \cdot 10^{-4})^{2} \times (0{,}9936)^{8} \end{aligned}\]

Exercice 5 : Structures algébriques

1- \(E\) est stable dans \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\)

Soient \(x\) et \(y\) deux réels. On note \(p_{ij}\) les coefficients du produit \(M(x) \times M(y)\).

• Ligne 1 :

\[p_{11} = a^{x} \times a^{y} = a^{x+y}\] \[\begin{aligned} p_{12} &= a^{x}(a^{y} - 1) + (a^{x} - 1) \times 1 \\ &= a^{x+y} - a^{x} + a^{x} - 1 \\ &= a^{x+y} - 1 \end{aligned}\] \[p_{13} = 0\]

• Ligne 2 : la deuxième ligne de \(M(x)\) est \((0\ \ 1\ \ 0)\), donc la deuxième ligne du produit est la deuxième ligne de \(M(y)\) : \(p_{21} = 0\), \(p_{22} = 1\), \(p_{23} = 0\).

• Ligne 3 : \(p_{31} = 0\), \(p_{32} = 0\) et \(p_{33} = a^{x} \times a^{y} = a^{x+y}\).

On reconnaît la matrice \(M(x + y)\) :

\[M(x) \times M(y) = M(x + y)\]

Comme \(x + y \in \mathbb{R}\), on a \(M(x) \times M(y) \in E\). Donc \(E\) est stable dans \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\).

2- a) \(\varphi\) est un homomorphisme et \(\varphi(\mathbb{R}) = E\)

Pour tous réels \(x\) et \(y\), d’après la question 1 :

\[\begin{aligned} \varphi(x + y) &= M(x + y) \\ &= M(x) \times M(y) \\ &= \varphi(x) \times \varphi(y) \end{aligned}\]

Donc \(\varphi\) est un homomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\). De plus :

\[\begin{aligned} \varphi(\mathbb{R}) &= \{\varphi(x) \,/\, x \in \mathbb{R}\} \\ &= \{M(x) \,/\, x \in \mathbb{R}\} = E \end{aligned}\]

Remarque : \(\varphi\) est aussi injective. En effet, si \(M(x) = M(y)\) alors \(a^{x} = a^{y}\), donc \(x = y\) car \(a \neq 1\). Ainsi \(\varphi\) est un isomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((E, \times)\).

2- b) \((E, \times)\) est un groupe commutatif

\((\mathbb{R}, +)\) est un groupe commutatif et \(\varphi\) est un homomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\). L’image d’un groupe commutatif par un homomorphisme est un groupe commutatif, donc \((\varphi(\mathbb{R}), \times) = (E, \times)\) est un groupe commutatif.

Son élément neutre est \(\varphi(0) = M(0) = I\) (car \(a^{0} = 1\)) et le symétrique de \(M(x)\) est \(\varphi(-x) = M(-x)\).

3- a) \(A \in E\) et \(B \in E\)

Ici \(a = 5\), donc \(M(x)\) a pour coefficients \(5^{x}\), \(5^{x} - 1\) et \(5^{x}\) aux places indiquées.

• Pour \(x = -2\) : \(5^{-2} = \dfrac{1}{25}\) et \(5^{-2} - 1 = -\dfrac{24}{25}\). Donc \(A = M(-2) \in E\).

• Pour \(x = 2\) : \(5^{2} = 25\) et \(5^{2} - 1 = 24\). Donc \(B = M(2) \in E\).

3- b) Résolution de \(A^{5} \times X^{6} = B^{2026}\)

• Puissances d’un élément de \(E\). Pour tout réel \(x\) et tout \(n \in \mathbb{N}^{*}\), \((M(x))^{n} = M(nx)\). En effet, c’est vrai pour \(n = 1\), et si \((M(x))^{n} = M(nx)\) alors, d’après la question 1 :

\[\begin{aligned} (M(x))^{n+1} &= M(nx) \times M(x) \\ &= M\big((n + 1)x\big) \end{aligned}\]

• Résolution. Soit \(X \in E\) : il existe un réel \(x\) tel que \(X = M(x)\). Alors :

\[\begin{aligned} A^{5} &= (M(-2))^{5} = M(-10) \\ X^{6} &= M(6x) \\ B^{2026} &= (M(2))^{2026} = M(4052) \end{aligned}\]

Donc \(A^{5} \times X^{6} = M(-10) \times M(6x) = M(6x - 10)\), et l’équation s’écrit :

\[M(6x - 10) = M(4052)\]

Comme \(M(u) = M(v)\) équivaut à \(5^{u} = 5^{v}\), c’est-à-dire à \(u = v\) :

\[\begin{aligned} 6x - 10 &= 4052 \\ 6x &= 4062 \\ x &= 677 \end{aligned}\]

L’équation admet une unique solution dans \(E\), la matrice \(X = M(677)\) :

\[X = \begin{pmatrix} 5^{677} & 5^{677} - 1 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 5^{677} \end{pmatrix}\]

4- a) \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif

Comme \(a \neq 1\), \(M(x) = M(y)\) équivaut à \(a^{x} = a^{y}\), c’est-à-dire à \(x = y\). En particulier \(M(x) = I = M(0)\) équivaut à \(x = 0\). Ainsi :

\[E - \{I\} = \{M(x) \,/\, x \in \mathbb{R}^{*}\}\]

Soient \(x\), \(y\) et \(z\) des réels non nuls.

• Loi interne : \(\dfrac{xy}{\sqrt{2}} \neq 0\), donc \(M(x)\,T\,M(y) = M\left(\dfrac{xy}{\sqrt{2}}\right) \in E - \{I\}\).

• Commutativité : \(M(x)\,T\,M(y) = M\left(\dfrac{xy}{\sqrt{2}}\right) = M\left(\dfrac{yx}{\sqrt{2}}\right) = M(y)\,T\,M(x)\).

• Associativité :

\[\begin{aligned} &\big(M(x)\,T\,M(y)\big)\,T\,M(z) \\ &= M\left(\dfrac{xy}{\sqrt{2}}\right)T\,M(z) = M\left(\dfrac{xyz}{2}\right) \end{aligned}\] \[\begin{aligned} &M(x)\,T\,\big(M(y)\,T\,M(z)\big) \\ &= M(x)\,T\,M\left(\dfrac{yz}{\sqrt{2}}\right) = M\left(\dfrac{xyz}{2}\right) \end{aligned}\]

• Élément neutre : on cherche \(e \neq 0\) tel que \(M(x)\,T\,M(e) = M(x)\) pour tout \(x \neq 0\), c’est-à-dire \(\dfrac{xe}{\sqrt{2}} = x\), soit \(e = \sqrt{2}\). L’élément neutre est \(M(\sqrt{2})\).

• Symétrique : \(M(x)\,T\,M(x') = M(\sqrt{2})\) équivaut à \(\dfrac{xx'}{\sqrt{2}} = \sqrt{2}\), soit \(x' = \dfrac{2}{x} \neq 0\). Le symétrique de \(M(x)\) est \(M\left(\dfrac{2}{x}\right) \in E - \{I\}\).

Donc \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif.

4- b) \((E, \times, T)\) est un corps commutatif

  • \((E, \times)\) est un groupe commutatif d’élément neutre \(I\) (question 2- b).
  • \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif (question 4- a).
  • La loi \(T\) est distributive par rapport à la loi \(\times\) : pour tous réels \(x\), \(y\) et \(z\),
\[\begin{aligned} &M(x)\,T\,\big(M(y) \times M(z)\big) \\ &= M(x)\,T\,M(y + z) \\ &= M\left(\dfrac{xy}{\sqrt{2}} + \dfrac{xz}{\sqrt{2}}\right) \\ &= M\left(\dfrac{xy}{\sqrt{2}}\right) \times M\left(\dfrac{xz}{\sqrt{2}}\right) \\ &= \big(M(x)\,T\,M(y)\big) \\ &\quad \times \big(M(x)\,T\,M(z)\big) \end{aligned}\]

et, comme \(T\) est commutative, la distributivité à droite en découle.

Donc \((E, \times, T)\) est un corps commutatif.